Message aux personnes témoins de TN

Vous qui êtes conjoint(e), parent, enfant de celui ou celle qui a une terreur nocturne, voici ce que j'aimerais vous dire:

Une personne adulte qui a des TN:
  1. n'est pas seule à en faire et elle n'est pas anormale, possédée ou malade

    Bien que l'origine de ce trouble n'est pas connu; il peut être relié à l'anxiété vécue dans la journée ou à plusieurs autres déclencheurs ( Trouvez vos déclencheurs).

    Les TN touchent environ 6 pour cent des enfants et 2 pour cent des adultes. À en voir, la très petite quantité d'information autant au niveau médical que sur internet (autant en anglais qu'en français),  je me réjouis de penser qu'au minimum, mon blog fera sentir un peu moins seul(e) la centaine de personnes qui passent me lire par semaine pour trouver une solution à leur problème. Je me dis que finalement qu'avec 2% de la population adulte prise avec ce trouble, ça vaudrait peut-être la peine de s'y attarder un peu plus!
     
  2. ne fait pas exprès pour crier et vous réveiller la nuit.

    Les TN sont souvent génétiques et héréditaires (tout comme le somnambuliste que des parents ont peut-être eu).
  3. ne peut pas se contrôler par la simple volonté de ne pas vouloir en faire:

    Les TN touchent l'activité dans le centre de la peur du cerveau durant les premières heures de sommeil léger. L'anxiété fait partie de l'équation et il est peut être utile de faire l'inventaire de vos préoccupations dans votre vie éveillée car ce à quoi nous résistons (inconsciemment ou non) nous "contrôle" d'une manière ou d'une autre (dans notre sommeil notemment).
  4. ne se rend pas compte de ce qu'elle fait et ne se souvient pas le lendemain d'avoir crié ou s'être enervée

    Les TN ne sont pas des cauchemars. Les cauchemars surviennent généralement dans la période du sommeil paradoxal (du rêve). Aussi, une terreur peut se reproduire plus tard (et plusieurs fois) dans la nuit et elle peut contenir une thématique récurrente. Elle ne comporte pas d'histoire comme un cauchemar, juste une image effrayante ou une "séquence de film". Certaines personnes ne retiennent qu'une une image terrifiante, un mur qui tombe sur eux ou quelqu'un qui les attaque. Leur système nerveux sympathique est activé avec une accélération du rythme cardiaque, la respiration devient rapide, avec des sueurs et la peau rougit comme si elles étaient terrifiées, d'où le nom de ce trouble.

    Contrairement à ce certains chercheurs croyaient dans le passé, le sommeil n'est pas un phénomène qui englobe toutes les fonctions du cerveau: tandis que certaines parties peuvent être endormies, d'autres restent éveillées. Donc, les terreurs nocturnes et les affections apparentées sont causées par un déséquilibre pendant le sommeil entre les parties du cerveau qui interviennent dans l'émotion, le mouvement et la pensée rationnelle permettant l'activation des centres de la peur et du mouvement (sans passer par l'usage du cortex, ou la partie pensante du cerveau). Le résultat est une personne moitié éveillée moitié endormie apeurée qui peut bouger mais qui ne peut raisonner clairement.

  5. ne doit pas être touchée et réveillée brusquement.

    Réagir de manière colérique avec elle ne donnera pas de bons résultats non plus. Elle se sent terrorisée - son coeur veut sortir de sa poitrine - elle a vraiment peur jusque dans ses tripes. Elle se sent agitée. Pour elle, c'est une question de vie ou de mort et je ne rigole pas. Son niveau de sensibilité est tellement accrue qu'elle pourrait avoir des réactions et des idées extrêmes. Elle est très difficilement consolable. son discours est souvent incohérent et elle ne semble pas savoir où elle se trouve. Elle peut tenter de vous convaincre de ce qui l'effaie. Essayez de ne pas ajouter à son désarroi. Essayez de trouver un moyen neutre pour la réveiller (discutez-en le jour); mon conjoint ne fait que me dire "Eh !, eh!, eh!" ou dites son nom plusieurs fois pour la ramener à la réalité, mais de grâce, pas de mots violents...

    Je sympatise entièrement avec vous, conjoints, parents, etc.: on vous a arraché de votre sommeil (qui venait peut-être à peine de débuter) et c'est maintenant vous qui avez le coeur qui veut sortir de sa poitrine. Vous avez bien le droit d'être en colère mais comme mentionné aux points 1 et 2, vous avez le choix de vous dire qu'elle ne fait pas exprès, qu'elle n'a pas le contrôle et qu'elle a besoin de votre support moral pour arriver à les enrayer. Elle pourrait avoir peur de votre réaction en plus de ses terreurs (et ça n'aiderait pas, croyez-moi). Faites ce que vous pouvez pour attendre d'en discuter le lendemain matin. Au minimum, tentez de rester calme et ne dites rien. Vous pourriez aussi, lors d'épisodes régulières et soutenues, contempler l'idée de dormir dans des chambes séparées jusqu'à ce que ça se rétablisse ou ajuster vos heures de sommeil afin de vous coucher un peu plus tard pour ne pas être endormi(e) lorsque les TN surviendront.

    Bref, nous ne saurions trop vous remercier de votre patience et de votre compréhension. Gardons tous les deux  l'humour et la communication dans notre coffre d'outils car ils nous aideront au long de notre exploration.

Commentaires

  1. Merci pour cet article que je viens de lire à mon mari pour qu'il comprenne enfin ce que je vis ...
    C'est terrible comme trouble ... Je réveille mon mari et mes enfants tellement que je hurle de terreur vers 02h30 du matin ... Et lorsque mon mari me réveille je suis dans un état second ...
    Je suis allée voir mon médecin ce matin qui m'a prescrit du xanax ... On verra bien ...
    Bon courage à toutes les personnes confrontées à ce trouble ...

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